Les Travaux Publics s’invitent dans le débat de la campagne des présidentielles

Bruno CAVAGNE, Président de la FNTP

Près de 3000 personnes au Forum « Réinvestissons la France » de la FNTP le 23 février au Carousel du Louvre à Paris.

La Bretagne était représentée par une délégation composée de dirigeants, de partenaires et 60 jeunes (apprentis, lycéens, étudiants) en formation TP dans les établissements de la région. C’était l’occasion de participer aux ateliers, animations, démonstrations, conférences proposés dans les espaces dédiés à la Compétitivité économique, la Croissance verte et la Cohésions sociale.

Placée sous l’angle de l’innovation, cette manifestation a donné une vision de modernité de la profession, que les jeunes ont particulièrement apprécié.

Dédiée aux candidats à l’élection présidentielle, la plénière de l’après-midi animée par Christophe BARBIER (journaliste) et Bruno CAVAGNE (Président de la FNTP) a permis de découvrir les positions de chacun en matière d’ infrastructures. En respectant l’ordre de passage des candidats, leurs propositions sont les suivantes :

Emmanuel MACRON : une économie de 60 milliards d’euros sur les dépenses courantes, avec en parallèle un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, dont 20 pour les TP en ciblant la transition écologique et numérique ; un pacte quinquennal de responsabilité Etat/collectivités locales, avec une loi de programmation ; une réforme structurelle en supprimant les départements là ou existe une Métropole ; favorable à la TICPE ; souhaite rouvrir le dossier de l’Euro vignette ; une articulation des différents moyens de transport en prônant l’intermodalité ; par rapport au compte pénibilité une préférence pour la prévention et l’équité face à la retraite ; favorable à la simplification des recours.

Marine LE PEN : un propos introductif assorti d’un diagnostic assez détaillé de la situation des infrastructures en France ; face à une « gabegie » des intercommunalités, une modification de l’organisation territoriale avec les communes, les départements et l’Etat disposant d’une vision à moyen et long terme ; un plan pluriannuel d’investissements publics avec une loi de programmation des infrastructures ; favorable à un conseil d’‘orientation et à un ministère dédié au logement au transport et à l’aménagement du territoire ; favorable à la relance des grands travaux et à la renationalisation des autoroutes ; une préférence pour que les infrastructures soient financées par le contribuable. Mais ces propositions supposent que la France maîtrise son destin et sortent des règles de l’Union européenne.

Benoit HAMON  (en vidéo) : un budget de 20 milliards d’euros pour les infrastructures, avoir des conférences de consensus pour faire le choix des grandes infrastructures ; programmation du ferroutage en lien avec la transition énergétique ; favorable à des instances de planification ; souhaite une stabilisation de l’organisation territoriale ; par rapport au compte pénibilité, le principe ne doit pas être modifié, mais les modalités pourraient être revues.

Jean-Luc MELECHON (pas présent mais envoi d’une note) : 100 milliards d’euros d’investissement économique ; renationalisation d’un certain nombre de filières ; moratoire concernant les partenariats publics/privés ; opposition à l’aéroport de NDDL ; contribuable qui doit financer les infrastructures ; loi cadre pour une planification stratégique.

François FILLON : un projet national basé sur un maintien de l’effort des investissements et la diminution des dépenses de fonctionnement : faire 100 milliards d’euros d’économie ; un contrat de 5 ans avec les collectivités locales fixant leur niveau de dotation variable, en fonction de leur effort à diminuer les dépenses de fonctionnement ; pas d’augmentation d’impôt ; sortir l’Etat du capital des entreprises privées ; favorable à une loi de programmation pluriannuelle des infrastructures en début de mandat ; favorable à l’aéroport NDDL ; suppression du compte pénibilité et favoriser la prévention.

Signature de la Charte d’engagement contre le recours frauduleux au travail détaché

Joël MOYSAN, Président de TP 35

Lors de la signature de la Charte d’engagements pour lutter contre recours frauduleux au travail détaché sur le territoire de Rennes Métropole, Joël MOYSAN Président de TP35 a représenté la profession.

Très impliquée sur ce sujet, la profession des Travaux Publics est d’ailleurs signataire avec la Ministre du travail Madame EL KHOMRI, le Ministre des finances Monsieur SAPIN, les Présidents de la profession du Bâtiment d’une « convention nationale pour la lutte contre le travail illégal et la concurrence sociale déloyale dans les secteurs du Bâtiment et des Travaux Publics » qui date de février 2016, soit presqu’un an jour pour jour, avec celle de Rennes Métropole.

En Bretagne, y compris en Ille et Vilaine, si le recours frauduleux au travail détaché n’est pas ENCORE un sujet d’actualité pour les Travaux Publics, à la différence du Bâtiment, la profession perçoit sur certains types de marchés des pratiques nouvelles dans l’exécution des travaux, qui alertent les entreprises.

Dans son propos, Joël MOYSAN a rappelé que la commande publique représente 60% de l’activité des Travaux Publics, et en Ille et Vilaine, les Travaux Public c’est non seulement 300 établissements mais surtout près de 5000 salariés qui participent à l’économie locale et l’aménagement du territoire, ce qui explique tout l’intérêt que la profession porte à cette initiative responsable.

Le recours frauduleux au travail détaché est un fléau qu’il faut dénoncer avec force. Ce phénomène débouche sur une concurrence inégale entre les entreprises qui fragilise le secteur, dans ces périodes moroses et de forte pression sur les prix de marché.

Pour la profession, l’implication des Maîtrises d’ouvrages publiques dans cette lutte est FONDAMENTALE. Il faut STOPPER cette gangrène, avant que les dégâts ne soient irréversibles pour les entreprises, en termes d’emplois, de compétences, de savoirs faires et d’investissements dans les outils de production.

Si cette Charte est symbolique d’un combat collectif à mener, avec tous les acteurs, elle nécessite en amont et en aval d’agir sur deux aspects :

En amont, la profession demande aux maîtrises d’ouvrages publiques lors de la phase de passation des marchés publics d’être en alerte par rapport aux OFFRES ANORMALEMENT BASSES. L’exercice est sans doute complexe, mais ce recours au travail frauduleux ne peut être déconnecté d’une réalité économique et financière et par voie de conséquence d’un cercle vicieux qui se met insidieusement en place (entreprise principale, mais surtout sous-traitance en cascade). Le low cost est très tendance, mais c’est encore LA VALEUR HUMAINE qui fait la qualité du travail dans les TP.

En aval, la profession demande aux services de l’Etat lors de l’exécution des marchés publics de travaux qu’ils poursuivent et amplifient la mobilisation en matière de contrôle, comme cela est prévu dans la convention nationale signée en 2016. Les contrôles seront particulièrement renforcés durant les jours de repos hebdomadaires habituels et en dehors des heures ouvrables. Les contrôles pourront en cas de manquement grave et comme le prévoit la loi du 6 août 2015, conduire à la suspension temporaire de la prestation de service internationale.

En tant qu’organisation professionnelle, la FRTP s’est est engagée à respecter les engagements inscrits dans cette Charte.

Succès du « Village Canalisateurs » au Carrefour de l’eau à Rennes

Village « Canalisateurs »

Pour la première fois, la profession des Canalisateurs s’est mobilisée collectivement pour être identifiée à la 18ème édition du Carrefour de l’eau à Rennes les 25 et 26 janvier 2017.

Véritable démarche partenariale entre le syndicat national de Canalisateurs de France et les trois délégations régionales Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, pour disposer d’un pôle central, de 10 stands d’entreprises volontaires, ce village a proposé tout au long des deux jours plusieurs temps forts :

– Un point presse très suivi le 25 janvier matin, avec la présence d’Alain GRIZAUD, Président de Canalisateurs de France et des trois délégués régionaux. C’est l’occasion pour Alain GRIZAUD de commenter le sondage d’opinion Harris Interactive réalisé en ligne, du 10 au 12 janvier 2017, sur un échantillon de 1 015 personnes :

De manière spontanée, les Français pensent que le budget moyen pour la consommation d’eau potable et d’assainissement dans leur logement (hors achat d’eau minérale) est de 46 euros par mois. Une perception supérieure à la réalité (de l’ordre de 20 %) quand on sait que le budget moyen mensuel d’une facture d’eau en France est de 39,2 euros.

Au global, la plupart des individus interrogés (70 %) se disent globalement confiants quant à l’état des canalisations d’eau potable. À contrario, près de 3 Français sur 10 (29 %) se disent aujourd’hui inquiets quand ils pensent à l’état de ces canalisations d’eau potable. Une perception en deçà de la réalité quand on sait qu’1 litre d’eau sur 5 est perdu dans les canalisations à cause des fuites, dues à leur mauvais état, soit près d’1 milliard de m3 d’eau perdu chaque année. L’estimation du gaspillage financier lié à la non-distribution du milliard de m3 d’eau traitée perdue représente 100 millions d’euros par an !

De manière générale, les Français associent étroitement la qualité de l’eau potable à sa provenance, mais aussi à l’état des canalisations qui assurent sa distribution. Et l’état des canalisations est jugé comme ayant une importance à peu près aussi grande que la source. Ainsi, 91 % des Français estiment que « la qualité des matériaux des canalisations » influe sur la qualité de l’eau potable (dont 58 % « beaucoup »), et 89 % d’entre eux pensent de même concernant l’âge des canalisations (dont 53 % « beaucoup »).

La perception globale des Français reflète assez justement l’enjeu capital que représentent l’entretien et le renouvellement des réseaux d’eau et d’assainissement pour la qualité de l’eau.

 Comme l’indique Christian MORIN au titre de la Bretagne, le chiffre d’affaires est de 257,3 millions d’euros (soit 5% du CA de la France). , avec une activité économique liée à la commande publique qui a diminué de 30% entre 2013 et 2016.

 

– Un cycle de 5 conférences dédié à la thématique des réseaux : un patrimoine précieux à entretenir et à pérenniser :

  • . Anti-endommagement des réseaux : où en sommes-nous ? Avec la présence notamment de Jean BOESCH du MEDDE et de Thierry HERBAUX de la DREAL Bretagne,

 

  • . État des réseaux dans le Grand Ouest : un patrimoine à entretenir avec la présence notamment de Bénédicte FERRON de la cellule économique de Bretagne et Olivier Brunner de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne,

 

  • . Entretien et renouvellement des réseaux : quels leviers de financement ? Avec la présence notamment de Philippe Besson (Caisse des Dépôts et Consignations), de Yann Cougard (La Banque Postale) et de Sophie Auconie, Gouverneur Mondial de l’Eau et Présidente du Cercle Français de l’Eau,

 

  • . Comment savoir si son réseau est à renouveler ?,

 

  • . Label Canalisateur, un gage de qualité des travaux de réseaux.

 

 

– L’exposition de Canalia qui permet de découvrir la réalité des réseaux souterrains, qui a suscité beaucoup de curiosité et d’intérêt.

 

La convivialité et l’échange étaient au RDV de cette première édition du Village Canalisateurs.

Le département d’Ille et Vilaine : un acteur majeur de la mobilité

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Rencontre avec Jean-Luc CHENUT, Président du CD 35

A la demande de Jean-Luc CHENUT (Président du Conseil départemental d’Ille et Vilaine), une rencontre a eu lieu le 20 octobre 2016 au Conseil départemental avec la présence de François COVILLE, Président de la FRTP, Joël MOYSAN, Président de TP 35, Jean-Marc VITEL et Thierry CROIXMARIE membres du Bureau de TP35.

Après un propos rappelant l’état de la situation de la profession des Travaux Publics en Bretagne et en Ille et Vilaine, à savoir une perte d’activité de 15% en deux ans, un effondrement de la commande publique qui semble se stabiliser mais à un point bas, une commande privée qui repart légèrement mais qui ne compense pas la commande publique, la mise en œuvre opérationnelle de la loi NOTRe dans les territoires avec la complexité de cette phases de transition, …Jean-Luc CHENUT, à l’écoute de ce point de conjoncture, s’exprime en distinguant différentes échéances en matière de politique Infrastructures au titre du département.

Il rappelle l’enveloppe exceptionnelle (financée par un emprunt) allouée aux investissements (Bâtiment et Travaux Publics) en 2015 d’un montant de 30 millions d’euros, qui a généré un effet levier de 100 millions d’euros.

Il précise que le Conseil départemental fait face à une réduction des dotations (-48 millions d’euros entre 2014 et 2017) et qu’inversement les dépenses « sociales » augmentent sur la même période de +60 millions d’euros, ce qui aboutit à un effet de « ciseau ».

S’agissant du court terme (fin 2016, 2017,2018), il s’agit de tenir les cadences de la mise à 2X2 voies des routes départementales Rennes /Redon et Rennes /Angers, sachant que les crédits de paiement sont mobilisés. Sont également cités en termes de chantiers : la déviation de Dol de Bretagne, le viaduc de Saint-Médard sur Ille à l’horizon 2020 avec une maîtrise d’ouvrage du CD 35, l’avenir en matière de travaux suite au plan de prévention des risques submersion marine sur l’agglomération de Saint-Malo (digues et différents ouvrages). Jean-Luc CHENUT annonce que la délibération sera actée avant la fin de l’année 2016 concernant le protocole d’accord avec Rennes Métropole pour le transfert de compétences de près de 500KM de routes départementales.

Il insiste sur la rigueur de gestion du Conseil départemental qui permet de maintenir les politiques d’investissement à hauteur de 150 /160 millions d’euros par an contre 185 antérieurement.

S’agissant du moyen terme (2019, 2020, 2021), il annonce un inversement de la courbe des investissements entre le Bâtiment et les Travaux Publics. Aujourd’hui, la répartition est de 2/3 pour la voirie et d’1/3 pour les Bâtiment, sachant que 45% des investissements se traduisent par des subventions aux collectivités locales. Financièrement, 3kms de 2X2 voies est équivalent à la construction d’un collège. Il indique que le Conseil départemental souhaite se projeter à l’horizon 2020/2021, avec la mise en perspective dès 2017 d’un schéma routier départemental piloté par André LEFEUVRE. L’objectif est de pouvoir engager des études avant la fin du mandat et d’anticiper les futurs projets.

Par rapport aux clauses sociales, la profession rappelle la démarche partenariale engagée avec le Conseil départemental en 2014, qui s‘était traduite par une charte d’engagement avec un taux d’insertion réaliste et réalisable pour les entreprises. Jean-Luc CHENUT précise que l’évaluation de cette Charte est positive, mais que les questions d’insertion sont un enjeu pour tous.

Il indique que le renouvellement de la Charte s’inscrit dans la continuité et se réalisera dans le même esprit avec une convention équivalente.

Enfin sur la journée du patrimoine et l’opération menée conjointement le 17 septembre dernier (2×2 voies à hauteur de Lohéac), il s’agit pour la profession de s’adresser au grand public, de vulgariser et de communiquer sur l’ensemble des infrastructures. Le Conseil départemental est favorable au renouvellement de ce type d’initiatives.

Agenda du Président

images 13 juin : rencontre Préfet du Morbihan

images 14 juin : Assemblée Générale du CFA TP

images 28 juin : Conseil d’Administration de la FNTP

images 5 juillet : Assemblée Générale et Conseil d’Administration de la FRTP Bretagne

images 14 septembre : Conseil des Régions de la FNTP au Conseil Départemental du Morbihan

images 21 septembre : signature d’une convention avec UNICEM Bretagne, pour valoriser le Granit Breton

images 27 septembre : Bureau de la FRTP Bretagne

L’Assemblée générale de la FRTP Bretagne, avec le bilan de l’année 2015 et un invité Yves MORVAN

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François COVILLE et Yves MORVAN

L’Assemblée Générale est le moment privilégié pour faire un temps d’arrêt sur l’année écoulée et c’est ainsi que le 30 juin dernier, François COVILLE, Président de la FRTP a démarré la séance en présentant avec les Vice-Présidents en charge des commissions et les Présidents de TP départementaux, le rapport d’activité de la Fédération au titre de 2015.

Que retient-on de cette année ?

le passage de témoin entre Rémi AMICEL et François COVILLE, à la présidence de la FRTP,

-sur le plan économique et social, c’est la pire année pour la profession des Travaux publics,

-en terme de mobilisation de la profession : 5 actions clefs :

                *le tableau de bord Travaux Publics, réalisé par la cellule économique, présentant un état des lieux quantitatif et qualitatif du patrimoine des infrastructures en Bretagne,

                *la démarche collective pour rencontrer les Présidents d’Intercommunalités : 69 RDV sur 94 sollicités avec des délégations de dirigeants,

               *la rencontre régionale concernant la réforme DT/DICT le 5 mai avec la présence du MEDDE, du Président de l’observatoire national et la FNTP,

           *l’implication dans le cadre des élections régionales, avec la rédaction de priorités pour les infrastructures en Bretagne et la rencontre de certains candidats,

            *la remise des diplômes à la 1ére promotion du dispositif de formation « Entrepreneur 21 »

la montée en puissance du service aux entreprises, que ce soit de manière individuelle (réponse aux questions d’entreprises) ou collectives (séances d’information, notes thématiques,…)

l’animation territoriale, avec les rencontres annuelles des TP départementaux,

la continuité des travaux dans les commissions thématiques avec la participation active d’entreprises,

la réalisation de la plaquette de la FRTP Bretagne pour mieux communiquer.

A l’issue de cette partie statutaire, Yves MORVAN, professeur émérite des universités, ancien Président du Conseil économique et social de Bretagne est venu donner son point de vue sur la situation de la Bretagne, à partir du livre qu’il a codirigé avec Jacques de CERTAINES intitulé « Bretagne en crises ? » aux éditions des Ragosses.